Commune d'Ailleux

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AILLEUX du Passé au Présent

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Ailleux du passé au présent …

 

La Préhistoire

 

Ailleux  a  une origine très ancienne confirmée par la présence de vestiges préhistoriques découverts en divers endroits de la commune par Vincent Durand au XIX° siècle. Ses fouilles aux lieux-dits Fontavin,

La Croix Lugnier, la Cypierre, les Egaux, ont révélé des silex taillés et une hachette de pierre polie, conservés au Musée de la Diana à Montbrison. Leur datation les fait remonter à 3000 ans avant Jésus Christ.

Un vase funéraire peint, trouvé en 1890 par Vincent Durand à Ruiller remonte à l’âge du fer : 700 ans avant Jésus Christ.

                             

Vase funéraire peint (bol de Roanne) découvert à Ailleux par V. Durand au lieu dit Rullier (cadastre Napoléon section A n° 263) Coordonnées géographiques : longitude, 1gr,7900 E ; latitude, 50gr,8989 (V. Durand). Bulletin de La Diana T5 p.349.

 

 

L’époque romaine

 

L’occupation romaine a laissé de nombreux vestiges dans la commune : voie romaine, puits, poteries, vases funéraires, fibules, peignes.

Les fouilles de Vincent Durand de 1876 à 1896 permettent de mettre au jour amphores, jattes, vases, bracelets, bagues et épingles en bronze, statuettes, pièces de monnaie en bronze à l’effigie de Titus, d’Adrien et de Domitien.

Les historiens pensent que de nombreux villages du Forez tirent leur nom des chefs des troupes romaines qui ont jadis occupé le pays.

Ainsi le nom d’Ailleux dériverait du général Allius, envoyé par Rome pour combattre dans la région. Une bataille aurait même eu lieu ‘’aux Croix’’ site d’un ancien cimetière. Le vainqueur romain recevait des terres en guise de récompense et colonisait son nouveau domaine. Le nom latin d’Ailleux retrouvé dans les archives de l’Eglise de Lyon est Aulanium en 910.

 

Le village d’Ailleux n’était pas, à cette époque, à l’emplacement actuel. Il occupait le plateau qui va des Egaux au sud, jusqu’à La Croix Lugnier au nord. Des fondations de maisons constituées de murs en pierres  ont été retrouvées  aux Egaux, à Domois et à La Croix Lugnier de part et d’autre de la grande voie romaine dite d’Agrippa, traversant la Gaule Romaine de Lyon à l’Atlantique.

Cette voie romaine, large de 6 à 7 mètres,  a été fouillée par Vincent Durand en 1893. Ses nombreuses chroniques, laissées à la Diana de Montbrison pour la postériorité, relatent l’ensemble de ses recherches archéologiques et de ses  découvertes.

Ainsi des Egaux à la Cypierre (La Croix Lugnier) vivait une tribu regroupée autour d’endroits stratégiques et de points d’eau, attestée par la découverte de puits romains : Domois en 1896 et la Cypierre en 1970 révélant certains des vestiges précités.

Fig. 19 – Ailleux : La Croix-Lugnier, localisation des différentes fouilles réalisées par V. Durand, J. Gorce et le G.R.A.L. (M.-O. L. 1997)

               

                  

Denier d’argent de Titus César à l’éléphant, semble correspondre à l’aureus trouvé à la Croix Lugnier (Cohen, n°303 – BMC, n°43 – Giard, n°37 – RIC, n°22a)

 

 

Le Moyen Âge

 

Au Moyen Âge, Ailleux dépendait de la généralité de Lyon. Le nom d’Ailleux est pour la première fois cité en 910 lorsque le pape Sergius III le confirme à l’Eglise de Lyon sous le nom d’Aulanium. En 1209 sur l’Obituaire (registre des bienfaiteurs d’une congrégation religieuse) de l’Eglise de Lyon,  son nom est Ecclesia d’Aalleu. Au Moyen Âge, les  alleux étaient des fonds sur lesquels ne pesait aucune charge, aucun impôt. Ailleux appartenait néanmoins à la famille d’Urfé et acquittait des droits et la dîme au chapitre Notre Dame de Montbrison.

Le Cartulaire (registre des droits et titres de propriété d’institutions civiles ou religieuses) et la Charte du Forez nous indiquent les noms successifs portés par la commune.

910 Aulanium – 1209 Ecclesia d’Aalleu – 1220 Eclesia de Ayliens – 1225 Eclesia de Sesel et d’Ailleu – 1264 Parrochia d’Aailheu – 1269 Justitia de Aleu – 1312 Luminare de Ailliaco – 1345 Iter quo itur de Aillio apud Boïn – 1348 Parrochia Aylliaci Ecclesia de Aylleu – 1356 De Alhiaco – 1389 Puteus d’Alhieu – 1437 Apud Alhio et enfin Allieux au XVIII° siècle.

Dans un testament du 29 avril 1361, on découvre l’origine du nom de Domois : Jean Doumays a dicté son testament par devant le Chanoine Jean de Poyet de l’Eglise Sainte Marie de Montbrison, juge du Forez, par lequel il fait don, chaque année et à perpétuité, à l’officiant de l’Eglise d’Ailleux, d’un quarteron de seigle (25kg) et de six deniers tournois, tirés de son champ de Fougerouse.

 

Partie du testament de Jean Doumays

 

La Révolution et l’Empire

 

En 1789 Ailleux était de la Province de Forez, archiprêtré de Pommiers, élection de Roanne, de la justice du Comté de Bussy s’exerçant à Saint-Sixte et de la maréchaussée de Montbrison. Elle devint commune à part entière après la séparation d’avec Cezay, canton de Boën et arrondissement de Montbrison.

La Révolution fit une victime à Ailleux ; le notaire Noël Chazelle, propriétaire du domaine de Domois. Accusé d’être royaliste et contre-révolutionnaire, il fut arrêté sur les ordres de Javogue et exécuté à Feurs en juin 1794.

Sous la Terreur, des prêtres réfractaires furent dissimulés dans des cachettes chez l’habitant : famille Simon à Lafond et Dumas à Mialler.

Des grognards d’Ailleux ont servi sous l’empire : Benoit Naudin, fusilier au 9° Bataillon de Vétérans, meurt le 20 mars 1813 à Orléans ; Jean Simon, fusilier au dépôt du fort de Briançon décède à l’hôpital de Briançon le 24 mars 1814.

En octobre 1815 la contribution d’Ailleux aux réquisitions des coalisés, vainqueurs de Napoléon 1er, fut une vache et une barrique de deux cents litres de vin, livrées aux troupes autrichiennes à l’Hôpital sous Rochefort.

Ailleux, École et église ;  dessin de Vincent Durand 1870 ?

 

Les temps modernes

 

L’histoire contemporaine, c’est surtout l’histoire du XX° siècle, dense en évènements locaux et nationaux.

A la Belle Epoque, avant 1914, les revenus de l’agriculture s’étaient améliorés ; les paysans propriétaires de leur ferme composée de 2 ou 3 vaches et de quelques moutons composaient l’essentiel de la population.

Les besoins en matériels agricoles et domestiques étaient assurés par des artisans et des commerçants, présents de génération en génération au village : maréchal-ferrant, sabotier, tisserand, tanneur, charron, charpentier, menuisier, maçon, tailleur, boulanger, épicier, cafetier.

            

             

 

Ailleux a ainsi traversé les âges avec calme et sérénité, connaissant ça et là des anecdotes heureuses et malheureuses. Un évènement, aux conséquences nombreuses et irréversibles vint rompre cette quiétude séculaire : la guerre de 1914-1918. 

La défaite française de 1870 avait insufflé un esprit de revanche dans la population ; l’école de la République à partir des années 1880 éduquait les enfants dans le culte de la reconquête des provinces perdues : l’Alsace et la Lorraine.

La guerre de 1914 – 1918 mobilisa près de 70 hommes à Ailleux : 18 tombèrent au champ d’honneur et la moitié revint avec des blessures ou des mutilations plus ou moins graves.

1939-1945  ne fit pas de victime mais une vingtaine d’hommes se retrouvèrent prisonniers en Allemagne pendant 5 ans.

Les années 1955 – 1962, virent les conscrits d’Ailleux de l’époque partir pour l’Algérie pour un service militaire de 24 voire 28 mois.

Tracteurs et voitures firent leur apparition en 1960 ; le confort entra  peu à peu dans les foyers : téléviseurs, réfrigérateurs, machines à laver. L’eau courante fut installée en 1962 ; l’électricité était là depuis 1927.

 

La population

Evolution

 

LE HAUT MOYEN ÂGE

 

L’absence de textes écrits pour cette période du Haut Moyen-Âge nous fait supposer un cadre de vie désorganisé par les invasions des peuples de l’Est et le saccage des propriétés par les Bagaudes ou autres bandes de routards. Certains de ces envahisseurs trouvant le pays à leurs goûts ont dû se fixer dans ces lieux. Ceci est confirmé par une ETUDE SERO-ANTROPOLOGIQUE D’UNE POPULATION DE LA LOIRE par J.C. Le Petit. Travail du Centre départemental de transfusion sanguine de Saint-Etienne 1968.

En voici quelques éléments probants.

 

HISTOIRE DU PEUPLEMENT

Il est difficile de reconstituer les origines de la population de cette région. Les renseignements en notre possession sont fragmentaires, quelquefois anecdotiques. Tout au plus, peut-on se rapporter aux études faites sur la plaine du Forez.

Au début de notre ère chrétienne, on y retrouve la trace des Ségusiaves, d’origine celte.

Puis ce fut l’occupation romaine laissant de nombreux vestiges dans la plaine du Forez.

Au IVe siècle et Ve siècle on sait que la région vit arriver quelques éléments Letes : les Sarmates. La toponymie (SERMESE) l’indique. Ces peuplades, originaires des contrées proches de la Mer Noire, étaient émigrantes à la suite d’une révolution de leurs esclaves et au service de l’armée romaine dont elles encadraient les mercenaires. Quelques familles se fixèrent-elles dans la région.

Au Ve siècle les invasions barbares n’épargnèrent pas le département mais le passage des BURGONDES ne laisse ses empreintes que plus au nord de la Loire. (non ! Ils sont présents à Montverdun. EC.) Il est malaisé de déterminer les souches et les mouvements de la population. Fuyant devant les envahisseurs les autochtones se réfugiaient volontiers dans la montagne…

 

La suite de cette étude devenant très scientifique, nous en citerons seulement les conclusions.

 

CONCLUSIONS

Nous avons constaté dans la commune de Cezay, des anomalies de répartition des antigènes érythrocytaires[1] portant sur les systèmes ABO, Rh, Kell, MN, Fy[2]

Nous avons pu établir un type anthropologique net à Cezay : celui d’un hyper-brachycéphale brun aux yeux clairs, de taille élevée, correspondant à la race dinaro-arménoïde, rare en France

 

Photographies tirées d’internet « race dinarique »

Type race dinarique, légèrement brachycéphale mais bien brun, aux yeux clairs

Si on admet l’invasion de ces peuplades de race « dinaro-arménoïde » sur la région d’Ailleux et de Cezay, cela ne nous dit pas à quel siècle ils sont arrivés. Trouvant le pays agréable, peut-être le trouvant ressemblant à leur pays d’origine, ils se sont fixés et fondus dans la population locale.

 

D’une centaine d’habitants à l’époque Gallo-romaine, nombre estimé d’après les vestiges de fondations retrouvées en plusieurs lieux de la commune, la population a augmenté au fil des siècles pour atteindre un pic de 393 habitants au recensement de 1856.Les ordos de l’Evêché de Lyon indiquent 250 ‘’communiantz’’

 

[1] L'érythrocyte (du grec erythros : rouge et kutos : cellule), ou hématie, plus communément appelé globule rouge, fait partie des éléments figurés du sang.

[2] ↑ a et b Harrisson Principes de Médecine Interne ISBN 2-257-17549-2

en 1209 puis 74 ‘’feux’’ en 1680 (environ 300 habitants) et de nouveau 250 communiants en 1743 et 1788, 227 c en 1801, 308 en 1806.

Les recensements  des XIX° et XX° siècle renseignent d’une façon précise sur le nombre d’habitants :

333 h en 1841, 370 h en 1846, 385 h en 1851, 393h en 1856, 362 h en 1876, 385 h en 1906 , 372 h en 1911.

L’exode rural amorcé à la fin du XIX° siècle et la première guerre mondiale de 1914-1918 ont peu à peu vidé les campagnes ; Ailleux n’a pas fait exception à ce phénomène. Le nombre d’habitants n’a jamais cessé de décroître au cours du XX° siècle. Ailleux perdit 41 habitants en une décennie (1911 – 1921) dont 18 tués à la guerre de 1914-1918 et 69 habitants en 15 ans dans les années 1946 – 1962.

 331h en 1921, 302h en 1936 , 286 h en 1946, 217h en 1962, 185 h en 1968, 191h en 1971, 134h en 1990.

La population s’est stabilisée à 150 habitants dans les années 2000.

 

Composition

 

Les retraités  représentent une fraction importante (50%) ; la population active (30%) se répartit dans l’agriculture, la fonction publique (à l’extérieur de la commune), le service à la personne, les professions de santé, l’industrie et le tertiaire. Les 20% restants sont les enfants, les collégiens et les étudiants.

 

L’Economie

 

Petit bourg rural, Ailleux a toujours eu une vocation agricole ; la population a de tout temps vécu de l’agriculture. La commune d’une superficie de 933 hectares se subdivise en un tiers en terres cultivées, un tiers en prés et un tiers en bois et taillis. La superficie forestière est peu exploitée ; seuls certains propriétaires se contentent d’en tirer du bois de chauffage.

Le nombre de fermes a considérablement diminué au cours du XX° siècle : de 33 exploitations agricoles en 1971 il n’en restait que 11 en 1993 et en 2016 elles ne sont plus que 5 : 3 spécialisées dans la production du lait et 2 dans l’élevage. Les terres et les prés des fermes disparues sont venus agrandir les superficies des exploitations restantes. Les modes de culture sont voués à la production laitière : ensilage de l’herbe et du maïs. La part laissée aux céréales (blé, seigle et orge) est en régression ; la culture de l’avoine a pratiquement disparu, comme celle de la pomme de terre et de la vigne.

 

L’industrie est représentée par une entreprise métallurgique  de 7 personnes, installée depuis 1998 sur la commune. Elle est spécialisée dans le négoce et la production de brides de raccord pour l’industrie ; elle réalise aussi des opérations de tournage, perçage ou fraisage pour divers secteurs d’activité tels que le machinisme agricole, l’alimentaire, le ferroviaire, les travaux publics, l’irrigation…    

 

Le patrimoine communal

L’église

 

L’église a été achevée en 1551, date confirmée par une inscription à l’intérieur de l’édifice. Les arcs et colonnes sont en pierre de taille en provenance de la carrière de granit de Cezay. Les murs sont en mécaschsiste altéré rose, extrait de la carrière du ‘’Millionnaire’’ de Fontavin, sur le versant de Saint Pulgent.

Elle mesure 16m30 de longueur sur 4m90 de largeur pour une hauter de 6m70.

Le portail s’ouvre au midi sous un porche en charpente construit en 1761. Le clocher a été bâti en 1618 pour remplacer une tour en bois. Les vitraux actuels du Chœur et de la Chapelle de la Vierge Marie datent respectivement de 1877 et 1887.Les vitraux originaux, paraît-il très beaux, ont été prélevés par les Comtes du Forez pour embellir l’un de leurs châteaux.

Le mobilier de l’église comprend plusieurs vases sacrés de la Renaissance et une croix processionnelle du XV° siècle en cuivre doré.

L’église était jusqu’en 1911 entourée de son cimetière ; l’entrée principale était au milieu de la place actuelle par un grand portail en fer ; des tombes se blottissaient aussi de part et d’autre du sentier dallé qui conduisait à l’église. Un énorme bloc de pierre, appelé ‘’la pierre des morts’’, servait à déposer le cercueil avant son entrée dans l’église ; il porte aujourd’hui la croix en granit de l’ancien cimetière

Le presbytère

 

Cette construction remonte à 1750 ; elle était le domicile du prêtre desservant la paroisse, composé de plusieurs pièces de part et d’autre d’un large couloir servant aussi de résidence à tout visiteur épiscopal. Un grand jardin l’entourait, exploité par et pour son curé, avec l’aide bénévole des paroissiens.

Depuis 1932 il n’y a plus de prêtre résidant à la cure d’Ailleux ; celle-ci a été transformée au début des années 2000 pour recevoir la mairie et le siège de quelques associations.

 

L’école

 

C’est un édifice imposant en pierre, style Napoléon III, construit dans les années 1890 et dont l’étage servait de mairie et d’appartement aux instituteurs. Elle est aujourd’hui composée de deux classes dans le cadre du regroupement pédagogique (RPI) avec les communes de Cezay et Saint-Martin la Sauveté. Un agrandissement a été fait en 2010 pour créer la cantine et un aménagement sportif à proximité.

 

 

 

 

La salle des Fêtes

 

L’ancienne école, démolie en 1959 pour la construction à son emplacement d’une salle des fêtes  était un bâtiment datant d’avant la Révolution, tout en pisé.

La salle des fêtes, construite par les artisans de la commune, le maçon Antoine Dalbeigue et le menuisier-charpentier Jean Latuile, en 1959,  a été remplacée en 2005 par la construction actuelle, plus vaste et plus moderne. La salle des fêtes porte le nom de l’ancien maire : Salle Marcel Louison.

 

Les croix

 

On en recense une bonne vingtaine installées sur les places publiques, dans les hameaux et aux carrefours des routes et chemins. La plus ancienne remonte au XVI° siècle (Croix Paulet 1500), les autres datent des XVII° , XVIII° et XIX° siècles. La plupart sont en pierre (basalte de Volvic ou granit de Cezay) d’autres sont en fonte moulée ou fer forgé.

 

Les places publiques

 

Ce sont des lieux de passage, de rassemblement et d’utilité publique : puits, mares, abreuvoirs…

Place de l’église, place de la mairie, place de Lafond, place Rande, place Garde ; en outre tous les hameaux ont leur place : Fontavin, Domois, Panissière, les Gouttes.

 

Les loges

 

Leur construction a été motivée par l’éloignement des fermes aux propriétés agricoles à une époque où les déplacements se faisaient à pied, à vitesse réduite. La loge était un abri contre les intempéries et une remise pour matériels agraires voire pour les animaux domestiques. Elles étaient de même nature que les maisons : soubassements des murs en pierre sur lesquels on élevait les murs en pisé, qui supportaient une charpente en bois recouverte de tuiles creuses. Il n’y a pas d’étage et le plus souvent aucune fenêtre. Il en existe encore sur la commune, pour certaines, en très  mauvais état. Elles ont été construites au XIX° siècle et tout début du XX° siècle. Sont encore existantes : la loge Laurencery à la Côte, la loge ‘’chez Jammes’’ au Chauffour,la loge de la Thienbarde à Pannissière, la loge de’’Mathias’’ à Branle-Peillon. D’autres ont disparu dans les années 1950 : la loge ‘’Flatry’’ aux Croix, la loge ‘’Crouzon’’ aux Inversins, la loge du’’Louis Planche’’ à Fougerouse et les loges de vigne des Chauffours et Pont Chapelle, appartenant aux familles Roche, Gaumond, Chaland et Ducreux. D’autres bâtisses ont disparu comme le pigeonnier de Domois – il reste encore le pigeonnier Chaffal à Pannissière – et le moulin Chaffal de la goutte de Croze dont les ruines sont encore visibles.

Les personnages illustres

 Vincent Durand archéologue, maire d’Ailleux de 1874 à 1876 et de 1896 à 1902

 

Né à Saint-Martin la Sauveté le 9 mai 1831, il était l’unique fils de Claude Anne Durand, notaire et de Marie Benoîte Chazelle de Domois, commune d’Ailleux. Son père décède prématurément alors qu’il n’a que 20 mois. Sa mère décide alors de venir habiter à Domois. A huit ans il est pensionnaire au collège des Minimes à Lyon. Il obtient le baccalauréat en 1850 avec la mention ‘’bien’’.En 1858 il publie un premier recueil intitulé ‘’ de l’installation d’un siège épiscopal à Montbrison’’. Il découvrit sa passion pour l’archéologie par hasard en effectuant des travaux de terrassement pour M de Saint-Pulgent, mettant à jour des portions de la voie romaine conduisant de Lyon à Clermont-Ferrand. De 1858 à 1901 il publia 169 ouvrages dans le Bulletin Monumental, les Bulletins de la Diana et la Revue  Forézienne. Ces publications relatent les nombreuses fouilles qu’il fit sur les voies romaines, les oppidums et en différents sites archéologiques du département. Il fut secrétaire de la Diana de 1890 à 1902. Il fut maire de la commune d’Ailleux à deux reprises : de 1874 à 1876 et de 1896 jusqu’à sa mort en 1902. Il repose au cimetière d’Ailleux. Il est à noter que ses écrits font toujours autorité dans le monde de l’archéologie.

 

Marcel Louison, résistant, élève officier, militant syndicaliste, maire d’Ailleux de 1977 à 1995.

 

Né à Saint-Etienne en 1924, Marcel Louison, obtient le baccalauréat Math-Elm en juillet 1942 au lycée Claude Fauriel. En novembre 1942 il est en classe préparatoire aux grandes écoles HEC et Saint-Cyr ; l’occupation de la zone sud par les Allemands, en riposte au débarquement anglo-américain en Afrique du nord, le décide à rejoindre les troupes alliées combattantes en Algérie. A Lourdes, il apprend que le passeur a été arrêté. Un résistant lui dit alors qu’on a besoin de ‘’gars comme lui’’ à l’intérieur du pays. En juillet 1943, il se retrouve dans les maquis de l’Ain. Il participe à des sabotages, des coups de mains, comme la libération de la ville d’Oyonnax pendant 24 heures le 11 novembre 1943.C’est à cette époque et au maquis, qu’il fait connaissance d’une jeune résistante, Andrée Jacquinot, qui deviendra sa femme plus tard et dont il aura deux filles : Catherine et Anne. Andrée a 18 ans et est agent de liaison dans la résistance. Un jour, son sang-froid et son aplomb lui sauvent la vie. Les maquisards avaient récupéré sur un soldat allemand le plan d’attaque des maquis locaux par la Wehrmacht. Andrée est  chargée d’apporter le document qu’elle dissimule dans un sac à provisions, aux responsables de la résistance lyonnaise. Arrêtée à un contrôle, elle s’adresse en allemand à l’un des soldats, lui demandant d’un sourire engageant, de bien vouloir garder son sac de peur que ses collègues du contrôle ne lui confisquassent ses provisions. Le subterfuge fonctionne et Andrée peut remettre le précieux document à la résistance, non sans mal d’ailleurs, car au rendez-vous dans l’église convenue, il n’y a pas le contact prévu. Les résistants pensaient qu’Andrée n’avait pas pu passer...Cet acte de bravoure lui valut la légion d’honneur.

A la tête d’une compagnie d’environ 130 hommes, Marcel est lieutenant dans la résistance à la libération. Son unité est intégrée dans l’armée de De Lattre de Tassigny et son grade est régularisé ; il devient sous-lieutenant dans l’armée régulière. Il contribue à chasser les Italiens hors des frontières et participe à l’occupation de l’Autriche. Ses faits d’armes lui font obtenir la médaille de la Résistance, la Croix du Combattant et la Légion d’Honneur.

Après la guerre, il est élève officier à l’Ecole Militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan où il ne reste que six mois, démissionnant en mai 1946, ne pouvant supporter la vie stricte et rangée de la vie militaire et le mépris des officiers de carrière pour les hommes sortis du rang.

Il décide alors de partir en Indochine pour une entreprise de textile roannaise, faire de l’importation de tissus  de coton. Il est à Saïgon de 1947 à 1952. Confronté à cette guerre coloniale subversive et de libération nationale, il se sent mal à l’aise en tant que Français ayant eu à combattre un ennemi avec les mêmes méthodes et pour les mêmes buts quelques années auparavant. Ecoeuré par le pouvoir politique de l’époque, il rentre en France et se retire en Bresse où il élève des poulets pendant un an et demi puis des chèvres à Saint-Marcellin de 1954 à 1960. Il s’installe à Ailleux à la ferme de Domois début 1960.

Très vite il prend la tête d’un mouvement syndical agricole, apporte des méthodes et des conceptions modernes en agriculture et introduit la vulgarisation et le développement technique avec la création de Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole en commun).

Sa forte personnalité, son activisme, son franc-parler attiraient la sympathie et l’amenèrent naturellement à s’investir pour son village dont il occupa le poste de maire pendant plusieurs mandats.

 

 

                                Robert  Mazet et Edouard Crozier Mai 2016